Profession du père

mardi 15 novembre 2016
par  sylvain
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Quand j’étais très jeune, mon père me disait qu’il avait été chanteur, pilote de course, parachutiste, espion, pasteur ou conseiller personnel du Général de Gaulle. Mais comme il était toujours à la maison, j’avais du mal à comprendre son métier actuel.

C’est vers mes 13 ans qu’il a commencé à détester le Général, qui avait pourtant été son amis. Il me parlait de son ami américain qui travaillait pour la CIA, et m’imposait un entrainement destiné à me rendre plus fort. Et me frappait quand je n’étais pas à la hauteur de ses attentes.

Pendant des années, il m’a baladé, comme cela, entre une histoire et une autre, l’Histoire de France tournant autour de lui et de cet appartement dont il sortait rarement et ou je ne pouvais amener personne.

Puis je suis devenu restaurateur de tableaux et j’ai épousé Fadila. Il avait fallu rompre les ponts, d’abord, mais cela m’avait fait du bien. Fadila n’avait rencontré mes parents qu’une seule fois. Et puis il était mort.


Commentaires

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dimanche 15 janvier 2017 à 19h22 - par  sylvain

C’est ma sœur, psychiatre, qui m’a offert ce livre, en me disant "c’est exactement cela".

Je vous avoue que j’ai eu un peu de mal à comprendre ce qui était "exactement cela". Et puis, après quelques dizaines de pages, cela est devenu clair. C’est l’histoire d’un folie, pas extrême, mais suffisamment forte pour casser le lien familial, pour décaler la compréhension des événements, et créer autour de lui un monde différent mais capable d’interagir avec le monde réel pour le plus grand dommage du fils.

J’ai lu par endroit qu’il s"agissait d’une biographie, si c’est vrai, c’est terrible pour l’auteur. Et dans ce cas, l’opus aura probablement au moins le mérite d’évacuer une douleur infinie.

Mais lire deux opus du même auteur aussi triste l’un que l’autre interpelle. M. Chalandon peut il encore voire la beauté du monde ? Ecrire un livre complet sur sa relation à Fadila et Clément ’respectivement femme et fils du héros, dans l’opus), avec en toile de fond cette douleur de jeunesse ?

Cela m’a fait penser au livre sur F. Hollande. Tout à leur désir de trouver matière à critique, on en oublie ce qui fait que l’essentiel n’est pas dans ce qui est critiquable, mais dans ce qui est bien, positif, bon. Qu’ici, le jeune garçon aurait pu devenir totalement asocial, mais qu’il s’en est sorti. Pas indemne, avec des souvenirs douloureux, mais avec un avenir positif.

Il faudrait des cours de vision de la moitié pleine des verres.

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