Future sex

mercredi 15 août 2018
par  sylvain
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Vers la trentaine, plusieurs mois après une rupture qui m’avait laissée seule et vaguement triste, je me suis interrogée sur mon avenir et ma sexualité. En fait, au travers des multiples relations que j’avais construites, je cherchais "le bon", c’est à dire celui avec qui je vivrais jusqu’à ma mort après avoir fait quelques enfants.

J’étais "classique" à un point qui m’étonnait. Etant journaliste, il fallait que je comprenne pourquoi, malgré mon désir d’être "branchée et libérée", je reproduisait aussi fidèlement le modèle sociétal issu d’un monde puritain et dépassé.

J’ai commencé par les sites de rencontres. Après quelques essais, pas tous désagréables, il m’est apparu que l’attente des clients de ces sites était genrée : les hommes y allaient pour le coup d’un soir, plus si affinité, les femmes avaient besoin qu’on leur dise qu’elles y allaient pour y trouver l’amour, mais in fine y trouvaient (avec intérêt) des coups d’un soir. Hypocrisie sociale. Néanmoins, après quelques essais, j’ai compris que c’est le corps qui décide pour l’attirance d’un soir, et je suis allé voir ailleurs.

Ailleurs, d’abord, ce fût la méditation orgasmique, censée séparer l’orgasme féminin de l’acte par une transcendance qu’il fallait travailler. J’ai beaucoup parlé avec les pratiquants et pratiquantes, et même essayé, et même si l’orgasme était là, le plaisir restait inférieur à l’intensité d’un coït.

Je suis donc allé voir des actrices porno, qui font du sexe leur profession. Là encore, pour le commun des mortel(le)s, il s’agit d’un produit package pour les hommes, développant une image dégradante de la femme. Mais la situation réelle est plus complexe, il existe un porno féminin, et les actrices sont les reines du genre. Le porno a raté sa rencontre avec le féministe, et in fine les deux y ont perdu.

Lors d’un déplacement à San-Francisco, j’ai ensuite découvert le polyamour, pratiqué par les jeunes urbains branchés et modernes travaillant pour Google et autres GAFA. Tous n’y trouvaient pas forcément tout ce qu’ils y cherchaient, mais cette pratique de liberté basée sur l’absence de jalousie semblait permettre un grand épanouissement à ses pratiquants, capables de se marier (en couple) tout en conservant leur pratiques hédonistes.

Puis j’ai tenté le festival "Burning Man", avec des amis, j’y ai découvert l’intérêt de 3 jours de liberté totale et de rencontres improbables.

La contraception a libéré la sexualité de son but premier de reproduction. L’impact de cette dichotomie n’est pas encore totalement intégré par la société, et il devient aussi complexe de mener une vie sexuelle libre que de choisir celui avec qui on se reproduira, avec ou sans vie commune.

Le sexe du futur reste à inventer.


Commentaires

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jeudi 1er novembre 2018 à 20h29 - par  sylvain

Voici un petit opus particulièrement intéressant.

l’auteure nous amène à parcourir les diverses formes actuelle de l’amour physique et des sentiments, entre la décorélation totale des pratiquant.e.s du porno à la recherche de tendresse et de sensation new-âge des rassemblement du désert et autres pratiques modernes de pilyamour ou d’utilisation du sexe à des fins de détente.

Et c’’st décapant, car cela ramène le sexe à ce qu’il est, un besoin fondamental du corps, qui ne peur se pratique qu’en cas d’attirance (fût-ce de l’attirance pour l’argent) car il implique quand même une grande proximité.

Mais le lien entre attirance et sentiment n’est pas aussi bijectif que le souhaite le Christianisme et autres bien-pensants, ni aussi lié aux sacrements que ne le voudraient les partisans des mariages arrangés et autres pratiquants de religions totalement monogames (une des games étant de plus souvent contrainte).

Enfin, il n’est pas forcément évident d’imaginer son/sa compagne hurlant de plaisir grâce à un autre corps que le sien, mais cette dame nous rappelle que c’est néanmoins possible.

C’est à lire.

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