Cinq matins de trop

mardi 15 avril 2008
par  sylvain
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John Grant est un jeune instituteur d’une ville du fond de l’Australie. Au début des vacances, il passe par Bundanyabba pour y prendre l’avion et rejoindre la côte, sa famille, ses amis, ses rêves.

La soirée dans cette ville perdue du centre de l’Australie se transforme en longue descente aux enfers. Il perds son argent au Jeu, découvre l’alcool, le sexe gratuit, les rapports humains réduits au minimum des rites sociaux, la violence comme finalité d’amusement.

Et comme il ne peut plus s’échapper, il se laisse descendre vers ce qu’il considère comme la déchéance : plus de logement, plus de relations sociales...


Commentaires

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mercredi 30 avril 2008 à 14h41 - par  sylvain

On a lu le même livre, on a tous les deux aimé, mais pas pour les même raisons.

Je suis surpris que tu voies dans la descente aux enfers du héros une action volontaire des autres personnes de cette ville perdue. Pour ma part, j’y ai plutôt vu un tel ennui que des activités, même nulles, du moment qu’elles sont partagées "entre hommes", sont un source d’humanité.

Un peu comme un cri : "c’est dur, on a l’air de nuls, mais on est quand même humains, même si on vit à Babatruc". Un peu d’optimisme, quand même.

Amitiés.

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jeudi 17 avril 2008 à 22h46 - par  sylvain

Ce qui est un peu dommage, c’est que le style n’est pas à la hauteur de l’histoire.

Qui, elle, est très bien. Simple, mais efficace. Une histoire qui pose quelques questions existentielles, sur qu’est ce que c’est que d’être humain, en fait, avec des réponses qui ne sont ni uniques, ni simples.

Qui dit que d’être de Sidney permet une vie sociale et intellectuelle de qualité, mais illusoire quand on la compare à la vraie vie. Opposition entre le rat des villes et le rat des champs, dans un autre temps.

Que l’ennui est quand même la pire des tortures, qui amène à la recherche d’émotions fortes, qu’elles soient à base d’alcool, de Jeu, de kangourous ou de sexe.

Mais que cet ennui est finalement assumé, collectivement, et qu’il génère une autre forme d’organisation sociale, pas forcément aussi évoluée que celle de Sidney, mais profondément humaine. Et que c’est une façon comme une autre d’être humain.

Et il y a Jeannette. Elle s’emmerde. il y a un nouveau. Elle essaye le nouveau. Jannette, c’est aussi l’infirmière. Elle soigne et change les bassins des soignés. On s’emmerde, mais dans le respect du féminisme.

Franck, le nouveau, est puceau, ou presque. Et bourré. Et je crois qu’il n’arrive pas à faire un cunnilingus, mais ce n’est pas clair. J’y ai vu, sans avoir cherché à approfondir, un petit spot sur la misére sexuelle, l’absence d’érotisme et d’imagination, qui amène Janette à compenser. Mais je peux me tromper, je vois du sexe partout, de toute façon.

Mais par contre, l’amoureux officiel de Jeannette, lui préfère boire une bière entre hommes que de montrer sa jalousie. Différent, en fait. Rituels...

Il y manque probablement un couplet sur les aborigènes (à moins que les kangourous ne soient une alégorie). Mais cette exposition de la nécessaire ritualisation des relations humaines, ici portées par le fait de partager le liquide de vie : la bière, de la complexité des rapports de domination et de partage, est très bien faite. Ca prend aux tripes.

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