L’échelle de Darwin

dimanche 4 novembre 2007
par  sylvain
popularité : 36%

Mitch est paléontologue. Il découvre au fond des Alpes trois corps, agés de plus de 10 000 ans. Les deux adultes sont Néanderthaliens, l’enfant semble très moderne.

Kaye Lang est généticienne. Elle a découvert que la partie silencieuse de quelques uns de nos gènes commence à s’exprimer. Sous la forme d’un virus, SHEVA, qui ne s’attaque qu’aux femmes.

Les fausses couches se multiplient, mais chacune est suivie d’une grossesse, même en l’absence de tout rapport sexuel.

Les scientifiques tentent de comprendre ce qui se passe. Les politiques tentent de rassurer le peuple. Mais vite, l’absence de naissance d’enfants "normaux" et les stigmates qui accompagnent ces grossesses (troubles cutanés très importants) rendent les gens nerveux.

Des émeutes éclatent, certains se réfugient dans des rites sataniques. D’autres tentent de remédier au problème de façon radicale, en imposant aux femmes l’avortement. L’apparition de quelques nouvelles maladies, en marge de grossesses de femmes atteintes du virus SHEVA finit de rendre fous toutes les populations, ainsi que les politiques.

Kaye s’est éprise de Mitch. Avec quelques amis scientifiques, ils pensent que cette activation d’une partie inconnue de nos gènes est tout simplement un processus d’évolution de l’espèce humaine qui vient de s’enclencher. Kaye et Mitch, une fois sûrs d’être porteurs de SHEVA, décident de faire un enfant.

Dans le pays, c’est l’affolement. Les politiques décident de regrouper les femmes enceintes dans des camps, afin a minima de contrôler les naissances. Kaye et Mitch doivent fuir, dans leur propre pays, et sont incapables malgré tous leurs efforts, d’organiser une information claire du public.

Kaye accouche d’une magnifique petite fille...


Commentaires

Logo de sylvain
dimanche 4 novembre 2007 à 18h55 - par  sylvain

Enfin un livre qui mérite totalement le qualificatif de "science fiction".

On est sur terre, sans vaisseaux spatiaux et autres fariboles, mais G. Bear nous emmène dans une énorme aventure humaine : que se passerait-il si l’espèce humaine évoluait de façon rapide.

La réponse du livre, crédible, fait peur. Nous avons assez de développement pour partager rapidement les nouvelles, notamment les plus mauvaises, via les journalistes avides de sensationnel, internet, les rumeurs, mais pas forcément assez de sagesse collective pour attendre, essayer de comprendre, et accepter que nous puissions évoluer.

Certes, cela est vécu du milieu des États-Unis, avec leur religiosité parfois mal comprise, une organisation fédérale parfois très (trop) puissante, un communautarisme qui engendre la suspicion entre les groupes sociaux, mais aussi un respect très fort des droits individuels.

On pourrait espérer qu’en Europe, un peu plus "intellote" que les USA, la panique ne soit pas la même, et la gestion politique un peu plus sage. Mais il faut bien s’avouer que cet espoir serait surement vain.

Heureusement, quelques individus permettent à l’évolution de débuter. En plus d’un bouquin prenant, G. Bear se paye le luxe de finir par une note d’espoir sympathique.

En général, j’aime beaucoup la production de cet auteur. Cet opus ne déroge pas : c’est un très bon bouquin.

Navigation

Mots-clés de l'article