Balzac et la petite tailleuse chinoise

samedi 15 juin 2013
par  jackie, sylvain
popularité : 38%

Deux adolescent sont envoyés dans la Montagne Sacrée, lors de la révolution culturelle. Fils de médecins et autres professions intellectuelles, ils partent pour être ré-éduqués par un village de montagne.

Le chef du village n’est intéressé que par le réveil de l’un des amis, et pour pouvoir l’observer à loisir, il s’assure tous les matins que les deux compères partent effectivement vers leur labeur : porter les déjections du village sur les champs de la montagne, passer sa journée sous un fardeau trop lourds pour eux, rentrer couvert de fèces...

Ils deviennent ami avec un autre adolescent d’un village voisin, ré-éduqué comme eux. Après quelques discussions, ils découvrent que celui-ci dispose de livres interdits, les traductions en chinois d’auteurs interdits, comme Zola, Balzac et tant d’autres... le manque de culture est trop fort, à l’occasion d’une fête de village un peu arrosée, ils dérobent plusieurs opus.

Par ailleurs, la nature avait fait son oeuvre, et l’un des amis était amoureux de la fille du tailleur, une jeune femme à qui ils allaient raconter toutes les semaines des épisodes des romans interdits. Une jeune femme qui commençât par se donner à l’un d’eux, puis qui compris à quel point sa jeunesse et sa fraicheur étaient importantes...


Commentaires

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dimanche 16 juin 2013 à 22h40 - par  sylvain

Oui, c’est effectivement une petite merveille, ce livre, je suis bien d’accord avec toi. Et tout aussi d’accord sur le rapport à la culture qu’il met en avant.

Mais il m’a semblé y trouver autre chose, aussi.

D’abord une certaine acceptation du traitement subi. Certes les adolescent n’ont pas le choix, et la situation qui leur est faite est atroce, arrachés à leurs familles, avec une chance infime de revenir dans leur monde. Et malgré cette horreur, les adolescents effectuent un sorte de voyage initiatique. Dans l’amitié, la découverte des rapports aux autres, du pouvoir (celui de traiter les dents, par exemple), dans la découverte de leur richesse aussi, car ils sont capables de conter, d’hypnotiser les autres grâce aux mots. Ces découvertes, je ne suis pas sûr qu’ils auraient pu les faire dans leur monde d’origine, urbain et probablement "bourgeois".

Et par ailleurs, un magnifique contre-pied au message d’égalité sensée être délivré par la Révolution Culturelle : dès qu’elle découvre l’importance de sa beauté, la jeune tailleuse comprends elle aussi le pouvoir dont elle dispose, pour un temps très court. Et elle se dépêche de l’utiliser là ou elle peut le rentabiliser, à la ville. Sur ce sujet, il me reste un grosse interrogation sur le sens que l’auteur entends donner à cet épisode : soit c’est Balzac qui, traitant de ce sujet dans plusieurs de ses livres, amène la concupiscence dans cette campagne candide, soit c’est l’éternel humain de chercher à s’élever... par rapport aux autres, qu’elle qu’en soit le moyen.

En tout cas, c’est court, c’est bine écrit, ça se lit avec plaisir, et en sus, c’est tellement plein d’idées qu’il faudrait un opus plus gros que le livre pour l’analyser complètement.

A essayer sans tarder.

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dimanche 16 juin 2013 à 16h13 - par  jackie

Ce roman est un petit bijou. Et sa vertu principale est qu’il redonne espoir dans la Culture avec un grand C en ces temps de disette culturelle. Dans notre société consumériste, paradoxalement opulente en termes d’offre culturelle et en même temps de plus en plus déficitaire en termes de niveau culturel de la population, cela fait du bien de se rappeler à quel point les belles lettres peuvent élever les esprits, et aussi les rendre libres. Finalement, qu’est-ce que nous dit ce bouquin : la culture ça se mérite, ça se gagne à la sueur de son front, il faut en avoir manqué viscéralement pour en profiter pleinement. Le gamin à qui ils ont volé les bouquins les possédaient, tous, et pourtant il ne s’y intéressait pas.

Le plus curieux est que ce roman nous vienne d’un auteur chinois, c’est-à-dire un pays totalement converti au modèle consumériste le plus brut, quelque part ça nous donne une sacré claque mais ça redonne espoir en l’Homme.

Ce livre donne à réfléchir sur ce qu’est la culture, ce qu’elle apporte et la difficulté de former les esprits des citoyens.

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