Le coeur de l’Angleterre

mercredi 21 juillet 2021
par  sylvain
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Après le départ de son amour de jeunesse, Benjamin a racheté un ancien moulin, dans le confins des Midlands, et y vit presque reclus depuis quelques années. Il n’en sort plus que pour aller visiter son père, Colin, qui ressasse éternellement les mêmes antiennes sur le temps d’avant l’Europe.

Heureusement qu’il a ses quelques amis, pour échanger et lui conseiller d’élaguer terriblement son livre avant de l’envoyer à des éditeurs. Et Sophie, sa nièce, pour ne fois sorti de son monde académique pour trouver l’amour dans les bras de Ian, un animateur de stage de conduite.

Et Doug, avec qui il a usé les bancs de l’école primaire, et qui est maintenant devenu chronique politique et dont le réseau de relations de son épouse, riche, lui permet de faire partie de la classe dirigeante et d’obtenir, par un sous-directeur de l’information du gouvernement, des informations lui permettant d’écrire ses chroniques.

Benjamin et Sophie assistent, impuissant, à la montée d’un sentiment de nationalisme, à la fois contre l’Europe et contre l’immigration issue du Commonwealth, alimenté par la désindustrialisation et les pertes d’emplois qui en résultent.

Sentiment contre lequel la réponse du premier ministre est de proposer un référendum sur la sortie de l’Europe.

Dont le résultat lui coutera sa place.

Mais cela, bien que triste, n’est finalement pas si grave, l’Angleterre y survivra. En tout cas, les protagonistes en sont persuadés.


Commentaires

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dimanche 1er août 2021 à 15h08 - par  sylvain

Je relisais les commentaires sur les autres opus de cet auteur, et je m’aperçois que la conclusion, pour celui-ci, est relativement similaire.

L’auteur passe 400 pages à décrire une Angleterre en pleine crise de racisme, refermée sur elle-même et les fantômes de son ancienne puissance, séparée entre progressiste, Européens, et conservateurs, un pays dominé par une bourgeoisie riche, totalement mélangée à la noblesse et tenant les rênes de la finance, de la politique et de la communication (l’industrie n’ayant finalement plus d’importance).

Et néanmoins, à la fin, c’est l’Angleterre qui gagne, quand même, parce que de toute façon, c’est cela, être Anglais.

Avoir des idées totalement différentes, mais faire corps, faire société en ne refusant in fine que ce qui est réellement trop extrême. Même si le prix à payer pour cela est de voir un ancien Premier Ministre, ayant entraîné le Pays dans une mésaventure folle, continuer à s’enrichir tout simplement parce qu’il fait partie de la caste, et que la caste peut se tromper, mais jamais avoir tort.

Les ficelles romanesques sont un peu lourdes, comme l’histoire de ce couple qui se déchire, la dame effrayée par les propos aux relents racistes de son mari, tentée par une aventure Américaine qui sera rendue impossible car l’Américain avait trouvé le bonheur avec une personnes d’Amérique latine, et qui, en conséquence, revient dans le lit conjugal. Ou ce vieillard qui vote LEAVE par correspondance, et meurt le jour de l’élection.

Je ne sais pas trop s’il faut être horrifié par ce constat sur l’Angleterre, ou admiratif qu’on puisse mettre si haut l’aspiration à faire peuple, contre le reste du monde s’il le faut.

Mais je n’aimerai pas être Anglais.

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