2019 - Soif

jeudi 12 mars 2020
par  sylvain
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Je connaissais bien sûr déjà la fin, mais ce qui m’a surpris, c’est la méthode. Crucifié, quand même, c’est assez dur. J’avais du énerver Ponce Pilate à ne pas réfuter mes miracles, quand les témoins étaient venus m’accuser des conséquences qu’ils en regrettaient. Et pour couronner le tout, il en a différé l’application au lendemain.

Une nuit à penser, à me rappeler les apôtres, certains si sûr d’eux qu’ils en arriveront, plus tard, à me faire dire des choses que je n’ai jamais prononcées. Et Judas, tellement négatif, je savais qu’il me trahirait, c’était écrit, mais je le gardais justement parce qu’il était impossible de l’aimer pour ce qu’il était. On ne pouvait l’aimer que par volonté d’amour.

Marie, la douceur faite femme, qui s’entendait si bien avec Joseph, mon père. Et Marie-Madeleine, si belle, si douce.

C’est le matin, il me faut maintenant vivre mon chemin de croix, endurer les souffrances que mon Père, jamais incarné, pensaient nécessaire pour racheter les pêches des hommes.


Commentaires

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jeudi 9 juillet 2020 à 23h16 - par  sylvain

Cela faisait quand même quelques années que je n’avais pas pris de réel pieds à la lecture d’un opus de Mme Nothomb.

Certes, c’est toujours enlevé, généralement drôle, bien écrit. Mais plusieurs de ses derniers opus manquaient de fond, on était loin de la stupeur, des tremblements et autres métaphysique.

Et bien voilà qu’on y retourne, via le récit, par Jésus, de l’intérieur, de sa dernière journée. Les 24 heures qui séparent sa condamnation à son décès en croix.

Vu des croyants, il s’agit probablement d’une hérésie. Mais in fine, c’est probablement de cela dont on a besoin, aujourd’hui. Se rappeler, même si c’est essentiellement symbolique, de la force de la compassion.

Je vous avoue que j’ai bien aimé.