La vérité sur l’affaire Harry Quebert

samedi 10 novembre 2012
par  sylvain
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Marcus Goldman est un jeune écrivain à succès, installé à New-York, tout auréolé de son dernier (et premier) succès littéraire. Mais le succès à cassé la machine à imagination, et Marcus souffre du syndrome de la page blanche.

Aussi, quand son mentor et ami, l’immense écrivain Harry Quebert, est accusé du meurtre d’une jeune fille, 30 ans auparavant, Marcus vient tout de suite le soutenir, sans croire un mot de cette accusation.

Mais il faut se rendre à l’évidence. 30 ans auparavant, Harry a eu une liaison avec Nola, une ravissante jeune fille d’Aurora, le petite bourgade paisible du New-Hampshire ou il s’était reclu pour écrire.

Il faut dire que Nola devait être réellement attirante, à l’époque. L’ancien chef de la police l’avait repérée, un homme ne la quittait pas des yeux, et les autres filles étaient toutes jalouses. De même que leurs mère, d’ailleurs. Ca en fait, des gens ayant des mobiles...


Commentaires

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vendredi 16 novembre 2012 à 23h08 - par  sylvain

Difficile de commenter LE livre de cette rentrée 2012, alors qu’il est sur toutes les lèvres, dans tous les magazines, et que Mr Dickers, à l’image de son héros, connaît actuellement une heure de gloire qu’on lui souhaite durable.

Et pourtant, il y a à dire.

En bien, d’abord : on commence, on accroche vers la page 30, et on s’arrête, essoufflé, page 600. Avec une régularité d’horloge, on trouve un coup de théâtre toutes les 50 pages, un nouveau coupable idéal toutes les 100 pages, et une nouvelle façon de percevoir les protagonistes de l’histoire toutes les 200 pages. Et on est étonné à chaque fois, ça fonctionne, on tombe dans tous les panneaux.

De l’art ?

Et bien non. Désespérément non. L’impression que ça donne est de lire un scénario, et non un livre. Un opus travaillé sur l’histoire plus que sur la forme, un synopsis particulièrement bien fait, brodé de mots approximatifs, en attente d’un réel artiste pour leur donner corps.

Avec de l’imagination, on voit le livre en Technicolor pendant la lecture. Ne manque (et c’est une qualité) qu’une ou deux scènes de sexe pour être proches de la réalité de l’édition que le livre, habilement, dénonce. Encore que finalement, elles y sont, en catimini, placées de façon à ne pas être ostensibles, elles permettront néanmoins aux ados (et autres) de s’émerveiller sur le naturel de la future actrice, pourtant si jeune, quand elle suce. Gageons que l’adaptation au cinéma est déjà en cours de négociation.

Encore plus habilement, le livre prends pour héros des écrivains américains (USA). Le territoire des cours d’écriture (métier d’un des principaux personnages), et aussi, à mon sens, la plus grande différence d’approche entre les livres Européens et Américains (pour ce que j’en connais).

D’un côté, sous l’égide des grands anciens, des éruptions de mots brocardants des histoires, des sentiments, des impressions. De la littérature vue comme l’art de créer par l’inspiration, le travail étant là pour parfaire, polir, ciseler une création provenant directement d’un jaillissement de déité. La Torah, la bible ou le Coran, retravaillés comme des statues grecques ou des tableaux de Dali pour la littérature la plus récente. Zola, Tolstoï, Céline, Hugo, Djian, Nothomb... (et tous les autres, dieu qu’ils sont nombreux).

De l’autre, une science machiniste de la création littéraire vue comme la continuation de l’industrie de Détroit : on travaille, on étudie, on conçoit une histoire, parfaite, qu’ensuite on habille de mots pour la rendre audible. L’écriture comme l’un des moyens de faire passer sa création (d’où, d’ailleurs, la réussite de Hollywood, alors que nos production cinématographiques, relevant d’un autre genre que la littérature, n’ont jamais réussi à devenir une industrie). Quand c’est bien fait, c’est totalement génial, comme Irving, Salinger ou Jim Harisson. Et surtout, comme tous les auteurs de SF américaine, style dans lequel la création pure peine à se comparer à des oeuvres dont l’imaginaire est travaillé.

Ici, malheureusement, on serait dans un opus travaillé à l’américaine, et de très haut niveau sur ce plan, mais dont l’habillage final serait en partie raté. Il y manque un touche de poésie, de qualité, de vocabulaire, d’exigence qui donne un résultat approximatif.

Je lirais bien sûr les prochains opus de M. Dickers, car un tout petit peu de plus aurait fait de ce livre une grande réussite, mais je reste surpris que cet opus ait obtenu le Prix de l’Académie Française. No sages se seraient-ils retrouvés dans ces amours interdites ?

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